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Publié par monique

Volt

VOLT
Alan HEATHCOCK

traduit de l’américain par Olivier Colette
Editions Albin Michel

Ces nouvelles sont comme les tranches de vie d’une même histoire, un récit que l’auteur aurait parsemé d’ellipses pour laisser aux personnages le temps d‘exister ou de se reconstruire ..

Hélas, la réalité est tout autre.

Si en effet on retrouve certains d’entre eux dans différentes nouvelles, le temps et les liens qui les unissent participent à leur enfermement : liens familiaux, amicaux et liens imposés par le lieu où ils vivent.

TOUS vivent dans une même petite ville, Krafton, Krafton que l’on ne quitte pas, un lieu figé, au milieu de nulle part, en Amérique, un décors sauvage, un univers clos où femmes, hommes et enfants n’existent QUE parce que, tout à coup, quelque chose de terrible, voire de destructeur leur arrive ..… de l’ordinaire, ils passent à l’EXTRA-ordinaire.

Mais ils sont alors confrontés au mal, à la mort, et à l’impossibilité d’y échapper

Pas de fuite possible donc, si ce n’est vers un autre enfer (celui de la guerre) ou un autre lieu : celui de l’anonymat, celui de l’état animal (comme le personnage de Winslow dans la première nouvelle, le train de marchandise) ou celui, plus métaphorique et poétique inventé par Miriam (dans la fille), un labyrinthe qu’elle trace dans un champ de maïs pour, comme elle le dit elle-même, « se cacher du monde ».

Et si la justice divine pour exercer son pouvoir, punit les habitants en abattant sur eux déluge et inondations (on trouve énormément de références bibliques dans ces histoires), celle des hommes et des femmes (en particulier celle d’Helen, femme shérif inattendu de Krafton), s’exerce d’une façon expéditive et étrangère à la loi : Helen n’aura aucun état d’âme à se charger elle même d’une faute, sacrifice nécessaire pour que l’espoir de pardon ou de rédemption, en tout cas d’oubli, trouve une petite place dans ces âmes brisées

Dit comme ça, tout paraît très noir .. mais ce serait oublier certains moments lumineux où tous ces paumés de la vie veulent croire à quelque chose, qui les rattache aux autres, ou, comme le dit Helen, veulent « oublier », « perdre toute notion de bien et de mal », pour « être de nouveau innocent »

Alan Heathcock nous embarque dans cette immense parabole avec un réalisme sombre, une écriture puissante, parfois brutale, mais, si violence il y a, elle s’estompe et s’efface dans des moments de poésie, entre les mots, et on s’attache à ces personnages, pour lesquels (je cite) « le temps dégouline comme la pluie sur les doigts »

On sort de ce livre secoué, ébranlé, mais aussi ébloui parce que, dans cette noirceur, on surprend une lueur d’humanité et de tendresse, qui éloigne la malédiction et autorise le pardon.

M

Pour les anglophones, une interview de l'auteur par Chad Summervill qui a commposé plusieurs chanson à partir des nouvelles de Volt.

La suite...

3e partie...

Dernière partie de l'entretien.

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