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Publié par Monique

Et quelquefois j’ai comme une grande idée

Et quelquefois j’ai comme une grande idée
Ken KESEY

Traduit de l’anglais par Antoine Cazé

Editions Monsieur Toussaint Louverture, 2013

Nous sommes dans une petite ville de l’Orégon, un pays de pionniers où la forêt et le fleuve Waconda conditionnent et asservissent le travail et la vie d’une petite communauté d’hommes.

En marge de celle-ci, une famille de bûcherons, les Stampers, menée par un patriarche, Henry, et son fils aîné, Hank, molosse impressionnant de résistance et de puissance physique.

Et une maison isolée, la dernière qui lutte contre l’érosion de l’eau de la Waconda, qu’on est obligé d’amarrer, de consolider pour ne pas qu’elle soit emportée, symbole-refuge d’une dernière résistance, celle de cette famille qui refuse de s’aligner et s’oppose à une grève générale désignée par le syndicat , pour en tirer profit.

Le retour du fils cadet d’Henry, Lee, donne à l’affrontement politique du clan et du village une dimension plus intime de lutte fratricide, de règlement de comptes familial, et prend des allures de duel entre deux mondes qui se cognent pour venger le passé.

Et dans l’écriture qui se déverse et nous emporte, s’affrontent les voix des personnages : bousculé de l’un à l’autre, on est obligé de s’engouffrer simultanément dans leurs pensées, leurs perceptions, leurs actions, on s’agrippe au je et au il, pour ne pas les perdre, dans des va et vient entre présent et passé.

Voici un roman au souffle narratif impressionnant, opéra sauvage porté par la toute-puissance d’une nature implacable, instrument de vengeance qui impose ses règles comme un adversaire impitoyable, hostile et magnifique : contre la forêt, le fleuve et sous une pluie torrentielle et destructrice, qui s’infiltre et ronge les choses et les hommes, les forces se déchainent et rejouent, sur fond de blues, de country et de jazz, une tragédie humaine orchestrée par un Ben Kesey virtuose.

Une fresque somptueuse pour raconter la fin d’un monde.

MoniqueM

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