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Voici un livre anti-morosité, anti-déréliction, ou disons plutôt, pour rester en accord avec l'atmosphère allègre qui s'en dégage, voici un livre qui transmet une énergie joyeuse et impertinente, l'énergie nécessaire pour surmonter les vents contraires et garder sa joie de vivre.

La narratrice, une traductrice trentenaire, se retrouve en effet seule après sa séparation surprise avec son mari qui lui annonce attendre un enfant d'une autre femme. De plus, ses employeurs sont de moins en moins nombreux....

Impulsive, elle décide alors de déménager et d'entreprendre un voyage de vacances tardif, puisque « la pluie de novembre » (titre original ) est déjà au rendez-vous.

Et commence, après quelques péripéties, un long périple aventureux sur la route n°1 islandaise, en compagnie d'un bambin adorable de 4 ans, malentendant et presque malvoyant, que sa meilleure amie a été obligée de lui confier pour cause de grossesse avancée.

Des rencontres amoureuses menées tambour battant, des rencontres -choc avec des oies et des moutons, des éboulis, des inondations, la lande et la grisaille, et au bout l'arrivée à un chalet éloigné dans le village de sa grand-mère où certaines retrouvailles pourront avoir lieu.

Retrouvailles surtout avec elle-même, puisqu' en parallèle de ce voyage dans l'espace improbable et sauvage de sa terre natale, c'est le retour sur un évènement-clé de son passé qui refait surface, et qui va sans doute la libérer de certaines angoisses.

Certes, on s'amuse beaucoup dans ce roman qui se situe entre la comédie de moeurs et le road-movie féministe.Les personnages sont tous savoureux et savent lâcher la bride à leur sensualité, leur humour, et leur tendresse.

Mais le livre est d'autant plus réussi qu'il apporte l'air de rien toute une réflexion sur la maternité , le désir d'enfant, et le couple, et ce, loin de tout cliché conformiste.

L'auteure, une fois de plus (c'est son deuxième roman traduit , le premier qui a reçu le prix des Libraires en 2010 s'appelle Rosa Candida) , nous séduit par son ton enjoué qui semble faire un pied de nez à la morale étriquée , convenue, et tristounette.

N Bouchacourt

L'Embellie

Auður Ava Ólafsdóttir

Traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson

Éditions Zulma

L'Embellie
AUÐUR AVA ÓLAFSDÓTTIR

AUÐUR AVA ÓLAFSDÓTTIR

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