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Ce texte ne comporte pas la mention roman, il s’agit en effet d’un témoignage. Le récit de ce qui fut la vie très dense, très engagée d’un militant d’extrême gauche pour qui l’action révolutionnaire ne se résume pas en l’illustration par la praxis d’un corpus idéologique. Le narrateur, homosexuel, assumé, revendiqué (ce qui n’allait pas de soi, nous sommes au cœur années 70) participe de très près aux divers mouvements qui agitent alors l’Europe. L’intime, la sexualité et l’activisme révolutionnaire sont à ses yeux strictement indissociables. Souvenons-nous de l’assassinat de Pierre Overney par un vigile des usines Renault et l’immense cortège de refus qui accompagna sa dépouille. Ou de Ulrike Meinhoff, ou des Brigades ou de l’assassinat de Aldo moro. Les fractures violentes lézardent l’apathie de la vieille Europe. Et déjà sont perceptibles les fissures qui augurent peu de l’avenir de ce que les gazettes un peu par dérision appelaient la contestation. Les militants d’ici renonceront à la violence physique comme seule réponse à la violence d’Etat. Nous devons à Mathieu Riboulet ce témoignage précieux, partisan, cruel, abrupt parfois, enragé toujours, servi par une langue souvent fulgurante.

C Boisson

Entre les deux il n'y a rien

Mathieu Riboulet

Verdier

Entre les deux il n'y a rien

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