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Publié par Nicole

Toujours le même plaisir à retrouver la lucidité mélancolique d'Alice Munro dans ce recueil de dix nouvelles publié en anglais en 2009 (elle avait alors 78 ans) et en France en 2013 .

Au cœur de la plupart de ces récits, un événement déterminant - un trauma- que le lecteur ne découvre qu'à posteriori, grâce à des retours en arrière subtilement orchestrés et/ou de raccourcis saisissants. Malgré cette restitution, l'essentiel des faits et des relations reste entouré de non-dits, d’ambiguïtés, de silences.

C'est la face cachée de vies apparemment ordinaires qui en constitue le thème principal.

La violence, le passage à l'acte, peuvent surgir brutalement, que ce soit au sein du couple, entre parents et enfants, ou même dans un groupe d'enfants.

Paradoxalement, ses descriptions désenchantées ne versent jamais dans la noirceur.

L'empathie d'Alice Munro pour ses personnages est manifeste, notamment pour les femmes dont elle met souvent en avant leurs tentatives de révolte et leurs capacités de pardon et de résilience.

Certes la vie est potentiellement cruelle, semble nous suggérer l'auteure, mais un certain apaisement peut avoir lieu, tout compte fait. Dans ses nouvelles, pas de conclusion, pas de jugement explicite, l'horizon reste ouvert.

La dernière nouvelle, celle qui donne son titre au livre, est aussi la plus longue puisqu'elle fait 70 pages. Un véritable chef d’œuvre d'écriture où se révèle son style inimitable. Elle raconte de façon bouleversante les derniers jours de l'écrivaine et mathématicienne Sofia Kovalevskaïa, qui fut la première femme à enseigner les mathématiques en Suède.

Nicole B

Trop de bonheur (Too Much Happiness, 2009)

Alice Munro

Éditions de l’Olivier, 2013

Trop de bonheur
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