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De prime abord, El último lector, roman du Mexicain David Toscana, peut déconcerter. Allons-nous lire un polar ? On peut le penser puisque le roman commence par la découverte, au fond d’un puits du cadavre d’une jeune fille. On s’apprête alors à rentrer dans les nœuds d’une enquête qui s’annonce difficile dans dans ce village du nord du Mexique, maudit par le ciel et les pluies qui l’évitent ; la sècheresse sévit, la misère aussi. Mais point de polar; le propos de « El último lector » n’est pas là. Remigio est désemparé lorsqu’il découvre ce cadavre. Il prend conseil auprès de son père, Lucio. Lucio dirige la bibliothèque du village, abandonnée pourtant par les lecteurs et l’administration. Il continue néanmoins de lire avec fureur, de trier, de ranger. Lucio croit que la vérité se trouve dans les livres.

De fait, c’est dans les romans qu’il pense trouver la solution à la macabre découverte de Remigio; il guide l’enquête et le cours des événements en puisant dans les romans, notamment dans celui d’un écrivain français « La mort de Babette ». Et La fillette assassinée …devient Babette. Le roman mène alors le lecteur dans une mise en abyme surprenante mêlant fiction et réalité et l’interroge : l’histoire est-elle plus réelle que la réalité ?

Les situations cocasses se succèdent comme la mise au rebut des ouvrages dont la seule lecture des dernières pages envoie impitoyablement dans un « enfer », livrés à l’appétit des cafards , car truffés de clichés, d’artifices indignes de la littérature. Les personnages haut en couleurs ajoutent de la verve à une écriture inventive, affranchie des codes de transcription ; dialogues, narrations, fiction, réalité jouent allègrement avec le lecteur. On n’oublie pas certains passages comme la correction du texte de la Bible (le Livre !) ou le « sacrifice » du bouc pour découvrir son humanité. Drôle et profond à la fois.

El último lector

François Michel Durazzo

Zulma

traduit de l'espagnol (Mexique) par François Michel Durazzo

«El último lector » paru en 2004 au Mexique, a obtenu de nombreux prix mexicains, ainsi que le prix Antonin Artaud Mexique- France.

Zulma a également publié en 2010 , encore traduit par F-M Durazzo, « Un train pour Tula » , roman de Toscana , écrit dans la même veine. Également vivement conseillé.

El último lector

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