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Paul Valéry avait regretté : « Le mal de prendre (…) une métaphore pour une démonstration (…) ce mal naît avec nous ». Jacques Bouveresse s'attriste de voir des intellectuels donner à l'analogie une valeur démonstratrice alors qu'elle ne peut être que suggestive.

Musil donne un exemple amusant de cet abus : « Il existe des papillons jaunes citron ; il existe également des Chinois jaune citron. En un sens, on peut donc définir le papillon : Chinois nain ailé d'Europe centrale. Que le papillon ait des ailes et pas le Chinois n'est qu'un phénomène superficiel. ».

Wittgenstein indiquait qu'au contraire en philosophie on ne fait jamais assez de différences et de différences entre les différences. Malheureusement, ce qui domine la scène est l'analogie. Un exemple : « Les hommes de l'ombre ce sont les résistants… C'est la Gestapo qui brandit la torche. La raison c'est le totalitarisme » (Bernard Henri Lévy pourfendant la raison, en 1977 dans le journal Le Matin, sans peur des raccourcis).

L'intellectuel français a-t-il une fin ? L'intellectuel tout court a-t-il un début ? Bouveresse constate "qu'il y a aujourd'hui tellement de grands penseurs qu'on est soulagé de rencontrer de temps à autre un philosophe qui n'en est pas un".

Son petit ouvrage est passionnant et devrait faire partie des programmes scolaires.

Jean Roseau

Prodiges et vertiges de l'analogie,

De l'abus des belles-lettres dans la pensée

Jacques Bouveresse

Édition Raison d'agir

 

 

Prodiges et vertiges de l'analogie

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