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Les Amis du Grain des Mots

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Pauvre

Katriona O’Sullivan est irlandaise, Pauvre est le récit de sa vie. Katriona O’Sullivan est née dans une famille de toxicomanes, elle est la troisième d’une famille de cinq enfants. À six ans elle sauve son père d’une overdose en appelant les secours à temps. À la maison il n’y a rien à manger mais il y a de l’alcool et de l’héroïne, le linge n’est pas lavé. À l’école on la traite de pisseuse, c’est normal elle sent le pipi.
Il y a aussi des déménagements répétés. Et des abus sexuels.
À l’école on l’interroge : «Pourquoi tu n’as pas de stylo ? (...) Je haussais les épaules et je lui répondais que je l’avais oublié. Si je n’avais pas de stylo, chère Mme Smyrthe, pauvre conne, c’est parce que mes parents étaient des junkies, que ma famille était un champ de ruines, qu’il n’y avait pas de stylo chez moi et que je n’avais pas d’argent pour m’en acheter. Ah, et ceux que je volais sur votre bureau pour m’épargner cette conversation épuisante, eh bien mes parents les sortaient de mon cartable et s’en servaient comme pipe pour leurs drogues. » 
À la naissance de son premier fils (elle a seize ans), suivant un programme éducatif, elle découvre qu'on peut manger autre chose que des chips et des pizzas congelées.
Katriona O’Sullivan aurait dû plonger elle aussi. Elle a échappé à sa destinée. Aujourd’hui elle est universitaire, professeur de psychologie.
Katriona a accompli un parcours extraordinaire, grâce à des rencontres (des travailleurs sociaux, des enseignantes, des programmes spécifiques d’accès à l’enseignement supérieur), elle tombera dix fois mais finira par s’en sortir. Et elle s’en sort sans jamais renier ses parents, sa famille, en les acceptant tels qu’ils sont. Pas de reniement, elle les aime.
La force de ce texte est son absence de pathos, sa pudeur et une belle sincérité, sans fard. Il est à la hauteur et à mettre à côté des grands textes de sociologie et d’ethnologie que sont 33 Newport street. Autobiographie d’un intellectuel issu des classes populaires de R. Hoggart et Les enfants de Sanchez d’Oscar Lewis qui témoignent de l’intérieur de l’expérience de la pauvreté, de l’exclusion, de la grande marginalité.

N.B

 Pauvre

Katriona O’Sullivan

Éditions Sabine Wespieser

Pauvre
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