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21 Septembre 2026
Le dernier roman de Douglas Stuart est un événement qui marque cette rentrée littéraire.
Puissant, intense, il immerge le lecteur dans le paysage sauvage des Hébrides, pays de tourbières, d’élevage de moutons et de tissage de tartans.
La vie des habitants y est âpre, pauvre ; Il faut lutter pour vivre, s’accrocher à des activités artisanales ancestrales. La vie quotidienne est réglée par des traditions anachroniques et par l’emprise de l’Eglise presbytérienne omniprésente.
Forcé par son père, John, Cal doit quitter Edimbourg où il a terminé ses études. Il envisage mal de devoir replonger dans un univers étouffant où l’épanouissement personnel au grand jour n’est pas envisageable, d’autant que Cal doit cacher son homosexualité. D’emblée, les relations père-fils sont tendues. Lourds silences, enchainement de soumissions et de révoltes portent une intrigue qui avance par petites touches subtiles, par menus détails implicites. Dans ce milieu, on ne se confie pas, on cache, on enfuit les secrets au point que John est empêché de communiquer avec son fils. Derrière l’absence de mots, se devinent peu à peu les mensonges, les hontes que l’on tait, le secret qui tourmente le père. C’est une femme, la grand-mère de Cal, personnage secondaire dérangeant et redouté, au caractère bien trempé, qui arbitre les tensions. D’ailleurs, les autres femmes ont une place importante.
C’est un roman si puissant, porté par une écriture intense, riche et précise, qu’il nous poursuit sa lecture achevée.
Roman enveloppant qui compte dans cette rentrée littéraire.
L’auteur, Douglas Stuart, est un écrivain écossais et américain. Ses précédents romans ont eu une certaine renommée, notamment Shuggie Brain qui a reçu le prix Booker Prize 2022.
J.B
John fils de John
Douglas Stuart
Traduit de l'anglais par Charles Bonnot
Globe